Il est né en 1932 dans une famille d'artistes : sa mère est pianiste et son frère Antonio Saura, un peintre de renom. Los Golfos, son premier long métrage, en 1959, lui cause ses premiers démêmés avec le régime de Franco. Sa description sur un mode néo-réaliste de la délinquance juvénile et des classes défavorisées n'a en effet rien de politiquement correcte. Bien que transposant son esprit critique dans le récit picaresque et ayant recous à la figure mthique d'un hors-la-loi du XIXé siècle pour Ballade pour un bandit en 1963, il connaît d'énormes problèmes avec la censure. Dès lors, il est forcé de passer par l'allégorie et le symbole afin de présenter sa vision de la société.
C'est ce qui va faire de lui l'un des cinéastes au style le plus puissant de la décennie 70. Son univers est dominé par des cellules familiales qui se font métaphores du régime franquiste, et par des figures d'enfants qui posent sur ce monde leur regard innocent. C'est ainsi qu'il peut se permettre des charges virulentes contre l'Etat, l'Eglise et l'Armée dans des films comme Le jardin des délices (1970), Ana et les loups (1972), La cousine Angélique (1973), Elisa mon amour (1973). Sans oublier bien sûr Cria Cuervos en 1975 : c'est le film qui permert au cinéma exigeant et austère de Saura, surtout réputé auprès des cinéphiles et prisé des festivals, de toucher un grand public, de faire le tour du globe et de marquer à jamais les esprits de toutes les personnes qui l'ont vu dans le monde entier.
